Saison 2011-2012
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Concert No1
Samedi 22 octobre 2011, Neuchâtel – Temple du Bas, 20h
Dimanche 23 octobre 2011, La Chaux-de-Fonds – Salle de Musique, 17h
| I. Stravinsky | Dumbarton Oaks (1938) |
| S. Barber | Violin Concerto (1939) |
| L. v Beethoven | Symphonie no6 « Pastorale » (1808) |
Alexander Mayer, direction
Philippe Graffin, violon (plus d'informations)
Présentation du concert samedi à 19h15, dimanche à 16h15
Le programme est composé d’antagonismes. D’un côté la musique dans ce qu’elle postule de puissance descriptive : de toutes les symphonies de Beethoven, la 6e est la seule qui fasse référence explicite à des phénomènes du monde réel (le tonnerre, un ruisseau, le chant paysan). De l’autre côté, l’objet sonore de Stravinsky, équilibré et scintillant, créé pour lui-même, avec en vue l’idée que « la musique, par son essence,[est] impuissante à exprimer quoi que ce soit : un sentiment, une attitude, un état psychologique, un phénomène de la nature, etc. ». Entre les deux, le concerto pour violon de Samuel Barber, merveille d’expression simple, si rarement joué.
Rénovation(s) : l’objet repris, réadopté.
Travail sur le néo-classicisme de Stravinsky.
Entre les deux guerres du vingtième siècle se loge une esthétique étonnante dans la musique occidentale. La modernité bien établie, on constate également un « retour à », une manière d’écrire et de penser la musique qui fait référence explicite à des temps anciens. Ainsi, surgissent des opéras aux sujets antiques (Oedipus Rex de Stravinsky, Le Roi David d’Honegger), ainsi naissent des pièces moulées dans des formes déjà dites (l’octuor et le concerto pour piano de Stravinsky, la symphonie classique de Prokofiev). C’est le temps où la figure revient en force dans le tableau. En réalité, ce temps est fascinant et l’objet artistique cherche une étrange permanence en même temps qu’une fugacité interrogative (les tableaux de Picasso semblent à peine terminés). L’objet est référé, mais dé-formé à la fois, comme pour bien souligner son anachronisme.
Comment faire vivre aujourd’hui un objet (visuel, sonore, conceptuel) qui viendrait d’un passé qui nous échappe ? N’est-ce pas là d’ailleurs la problématique permanente de la musique (sans le recours à l’enregistrement qui fige l’objet sonore, nous devons bien admettre que nous avons définitivement perdu l’objet sonore « Beethoven » par exemple et que nous devons le réinventer à chaque écoute).
De cette idée naissent deux ateliers :
TRANSform
Travail de création sonore collective. Le résultat, fixé sur vidéo, sera disponible sur ce site, de même que sur le lieu du concert.
RegARd
Travail de création plastique.
Concert No2
Samedi 12 novembre 2011, Le Locle - Temple, 20h
Dimanche 13 novembre 2011, Neuchâtel – Temple du Bas, 17h
| B. Britten | Variations on Theme of F. Bridge (1938) |
| Phaedra (1975) | |
| V. Cordero | Herbst (2007) |
| A. Honegger | Symphonie n° 2 (1941) |
Alexander Mayer, direction
Hélène Lindqvist, soprano (plus d'informations)
Performance introductive samedi à 19h15
Présentation du concert dimanche à 16h15
Les Variations de Britten marquent la fin de sa période étudiante. Elles sont à la fois un hommage à son professeur Frank Bridge en même temps qu’une manière de se libérer de sa tutelle. D’une force inventive sans pareille, elles sont chargées de curiosité et de savoir faire (le dernier mouvement est à ce titre hallucinant). Phaedra marque quant à elle la fin de la vie créatrice du compositeur. Ecrite une année avant la mort de Britten, l’œuvre est une sorte de cantate pour voix soliste et orchestre dont la force expressive est littéralement bouleversante : toute la science dramatique du compositeur est convoquée pour cet ultime conquête lyrique. Dans un registre plus intérieur, la 2e symphonie d’Arthur Honegger, œuvre profonde, solide et presque solennelle, est elle aussi bouleversante. Ecrite à Paris durant le premier hiver de l’occupation, elle contient les traces de ces conditions très difficiles, si loin du printemps. Ce printemps (Herbst) de Victor Cordero qui prend appui sur le printemps des quatre saisons de Vivaldi : un dialogue entre artistes, à 4 siècles de distance.
L’ami musicien
Des classes sont régulièrement visitées durant trois par un musicien de l’orchestre. La rencontre permet une relation privilégiée entre les élèves, le musicien et la musique symphonique. Il s'agit de faire découvrir l’instrument, de la manière de jouer dans l’orchestre, l’écoute et le geste physique. L’expérience se termine par une l'invitation des classes à assister à une répétition.
TRANSform, performance au Locle
Herbst de Victor Cordero est une pièce composée en rapport à un quatuor à cordes d’Anton Webern. Cordero donne à entendre une musique existante, mais il la ralenti 14x : elle devient ainsi méconnaissable et permet au compositeur un travail sur un objet de référence devenu quelque chose d’autre. Que se passe-t-il lorsqu’un objet musical (une chanson, l’enregistrement d’une discussion, « au clair de la lune ») s’élargi ? L’atelier propose une telle intervention, l’invention d’une musique construite sur un échafaudage connu. Peut-être même enlèverons-nous l’échafaudage.
Concert No3
Résidence à la Chaux-de-Fonds du 10 au 14 janvier
Samedi 14 janvier 2012, La Chaux-de-Fonds – Salle de musique, 20h
Dimanche 15 janvier 2012, Fleurier, Fleurisia, 17h
Jeudi 19 janvier 2012, Neuchâtel – Temple du Bas, 20h*
| E. Rautavaara | Cantus Arcticus (1972) |
| V. Cordero | Création |
| L.v Beethoven | Symphonie n°2 (1802) |
Alexander Mayer, direction
Présentation du concert samedi à 19h15 (avec orchestre), dimanche à 16h15, jeudi à 19h15
*En collaboration RSR-Espace 2 : Concert retransmis en direct au cours de l’émission « Pavillon Suisse » sur Espace 2-RSR, production Jean-Pierre Amann.
La 2e symphonie de Beethoven est en quelque sorte coupée en deux. Alors que ses deux premiers mouvements semblent décrire un monde dans lequel « tout va bien », les deux derniers mouvements contiennent des éléments intrus, violents, marques peut-être des premiers traumatismes que le compositeur subit face à la surdité. Image d’un monde intérieur, signature de l’acte romantique, la symphonie parle à la première personne du singulier. Le « chant arctique » de Rautavaara se présente comme une sorte de chant du monde, le compositeur intégrant à l’orchestre des enregistrements de chants d’oiseaux. En ce sens, la pièce peut être entendue comme un concerto pour oiseaux. Autour de ces deux œuvres, Victor Cordero, compositeur en résidence, présentera une création commandée par l’ESN.
TRANSform
Le chant du monde : travail sur le son quotidien L’écologie est un enjeu qui peut dépasser le cadre du souci environnemental pour se placer sur une problématique générale. Inventer de la musique, c’est devoir se confronter à des ressources nécessairement limitées avec lesquelles il faudra construire un monde sonore. On cherchera d’abord à utiliser une idée avant d’en rechercher une autre. Le moins est – esthétiquement – souvent le plus. Le travail proposé par cet atelier est double. Il s’agit d’être à l’écoute du monde, de capturer des sons du quotidiens pour les transformer ensuite (au moyen de logiciels informatiques) en pièce sonore composée. L’occasion de s’interroger sur un monde sonore qui nous entoure et duquel émerge souvent des trésors à dé-couvrir. Le travail fera l’objet d’une émission radio et d’une possibilité d’écoute lors de chaque concert.
L’ami musicien
Des classes sont régulièrement visitées durant trois par un musicien de l’orchestre. La rencontre permet une relation privilégiée entre les élèves, le musicien et la musique symphonique. On axe la découverte sur l’instrument, sur la manière de jouer dans l’orchestre, sur l’écoute, le geste physique. L’expérience se termine par une visite de répétition.
Tutti
Mercredi 11 janvier, 9h – 12h
Visites de classes et activités ludico-pédagogiques autour de l’orchestre dans une session entièrement dévolue aux enfants.
Concert No4
Samedi 18 février 2012, Neuchâtel – Temple du Bas, 20h
Dimanche 19 février 2012 - La Chaux-de-Fonds – Salle de Musique, 17h
Lundi 20 février 2012, Bienne, Palais des Congrès, 20h00
En collaboration avec la Société d’Orchestre de Bienne
| F. Schubert | 7e Symphonie « inachevée » (1822) |
| G. Mahler | Rückert Lieder (1900-1905) |
| F. Mendelssohn | Symphonie no 4 Italienne (1833) |
Alexander Mayer, direction
Christian Immler, baryton (plus d'information)
Performance MOVE samedi à 19h15
Présentation du concert dimanche à 16h15
Les Rückert Lieder sont composés durant la période la plus heureuse de l’existence de Mahler. Marié, père de deux filles, directeur musical de l’opéra impérial, ses 6 premières symphonies lui ont donné notoriété et assurance. Poèmes d’amour, les Lieder répondent plutôt à une esthétique de l’intimité, l’orchestre est plus réduit qu’à l’accoutumée, parfois même les cordes sont absentes, la musique se raréfie, mais l’expression reste passionnée. C’est certain : Mahler avait un pied dans le XIXe (le gauche, celui du cœur comme disait Leonard Bernstein) et l’autre dans le Xxe siècle.
La joie est aussi le ferment de la symphonie italienne, composée au retour d’un voyage en Italie que Mendelssohn effectue entre 1829 et 1831. Elle est une manière de capturer l’atmosphère enivrante que le jeune homme perçoit dans son expérience. De facture conventionnelle, elle est l’œuvre la plus emblématique du génie populaire du compositeur. Créée à Londres, elle est à la base du succès et de l’influence durables que Mendelssohn posera sur l’Europe.
La symphonie inachevée tient son nom de sa forme en deux mouvements. Elle est la première symphonie du compositeur dans laquelle jaillit un véritable génie symphonique. Les 6 premières symphonies sont intéressantes en tant que « points d’accroche », la 7e est mature. Schubert a 25 ans !
MOVE
On prétend que l’organe de l’écoute est l’oreille. En réalité, c’est le corps entier qui se met en contact avec le sonore, c’est la peau qui reçoit également des vibrations, ce sont les os (pensons à l’écoute du bébé). De même, on peut penser que la perception de l’espace est une affaire corporelle, alors que l’oreille est un organe dont la fonction première est l’orientation (d’où vient le danger ?). MOVE est un atelier qui invite le corps à écouter un espace. Ensemble, les enfants conçoivent un acte chorégraphique qui s’origine sur le premier mouvement de la 7e symphonie de Schubert. Le résultat est divulgué sous la forme d’une performance publique
En collaboration avec la compagnie de danse Objets-fax
Concert No5
Vendredi 16 mars 2012, Neuchâtel – Temple du Bas, 20h
Samedi 17 mars 2012, La Chaux-de-Fonds – Salle de Musique, 20h
| J.P. Rameau | Les Indes Galantes (1735) |
| M. Ravel | Concerto pour piano (1930) |
| Le tombeau de Couperin (1917) | |
| W. Mozart | Symphonie no31 « Paris » (1778) |
Alexander Mayer, direction
Tzimon Barto, piano (plus d'information)
Présentation du concert vendredi à 19h15, samedi à 19h15
En composant son Tombeau de Couperin, Ravel rend s’ancre dans la tradition française du Grand Siècle, celle de Jean-Philippe Rameau et de François Couperin. Une tradition née dans la précision du langage parlé (c’est le règne de l’alexandrin) et qui donna naissance à la tragédie lyrique (le véritable opéra français). Le caractère noble du Tombeau de Couperin contraste avec le contexte de sa composition (d’ailleurs, Ravel dédicace chacun des 6 mouvements à un ami tombé durant la Grande Guerre). Le Concerto pour piano est la dernière œuvre importante de Ravel. Deux mouvements en forme de tourbillons encadrent un second mouvement, débuté en solo à la manière d’une Gymnopédie. Une ligne mélodique extraordinairement touchante, évoquant irrémédiablement un parfum de nostalgie sublime. Ravel avouait lui-même avoir écrit ce mouvement mesure après mesure, se laissant guidé par l’esprit de Mozart en cherchant la fluidité de la ligne mélodique note après note. Mozart qui clôt le concert avec une symphonie écrite à l’âge de 22 ans, durant un séjour dans la capitale française. Un langage emblématique du début de sa carrière, frais, énergique et sans complexe, le tout moulé dans une forme infailliblement limpide. Une rhétorique de la précision.
TRANSform
La couleur du son : travail sur la notion de timbre (en relation avec Ravel) Le son est une matière vivante en mouvement et la musique ne se réduit pas à des « notes », ou à une « mélodie ». En réalité, le contact avec le son est d’abord une expérience physique : les vibrations communiquent avec le corps de l’écoutant. Et lorsque l’on se prend à écouter le son, sa couleur, sa chaleur, sa profondeur, sa complexité, son mélange, la musique devient un objet presque palpable. Le timbre (c’est-à-dire la couleur du son) est une notion-clé de la musique du Xxe siècle. Maurice Ravel use du timbre (du mélange instrumental) comme de mille couleurs. Et sa musique est faite d’ombres, de rais de lumières.
Tutti
mercredi 14 mars, Neuchâtel (9h – 12h)




